L'oiseau bleu

twitter.

Ou la baleine bleue, cela dépend. Un post sur twitter, quelle drôle d’idée…

    Année écoulée.

« Mais ça sert à quoi twitter ? »
« Par rapport à facebook, ça apporte quoi ? »
« Et donc, sur twitter, tu racontes que tu vas prendre ton bain / que tu te mouches / des trucs inintéressants quoi ? »
« Je rate sûrement des trucs formidables dis donc
 » (ton condescendant / moqueur / autre du même acabit).

Je vous l’annonce tout de suite, ce post n’a pas pour but de vous faire venir sur twitter ni de faire en sorte que vous y adhériez : pour être tout à fait honnête, si même vous pouviez éviter d’y mettre le nez, ça m’arrangerait. Pourquoi ce post alors ? Je l’ignore (comme la plupart des écrits publiés ici), mais les questions précédentes revenaient de façon récurrente ces douze derniers mois. A force, j’ai fini par affiner ma réponse, et l’envie a fini par venir d’en parler par ici.

J’ai un compte twitter depuis 2007. A l’époque, y étaient inscrits… les gens que j’avais rencontrés par blogs interposés. Peu de gens, peu d’interactions, et… je me refuse à vous faire un historique de twitter. Ce dont je me souviens très précisément, c’est de l’année 2008 et de l’élection de Barack Obama, faisant campagne en utilisant twitter comme moyen de communication. Et de l’arrivée de l’iPhone ou des smartphones de façon générale, permettant un usage beaucoup plus aisé de twitter : twitter, c’est du temps réel, de l’instantané, de la rapidité… être présent, là, tout de suite, suivre le fil de ce qui s’y passe est tellement plus facile soit en étant en (presque) permanence devant son ordi, soit… en pianotant sur son smartphone.

Sur twitter, on écrit en 140 caractères au maximum. Autant vous dire qu’on apprend vite la concision (ou les messages en plusieurs parties). Ce qui devrait être un frein (j’étais personnellement plus douée en rédaction qu’en résumé à l’école) devient un exercice de style.

De « What are you doing now?« , on est un jour passé à « What’s happening?« . Parce que twitter, ce dérivé de sms communautaire, était devenu un être hybride, source d’informations comme il le proclamait fièrement ; lieu d’échanges, boudé par les adolescents (et le grand public en général) qui lui préfèrent facebook paraît-il.

Bon. D’accord. Mais à quoi ça sert twitter ?

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    A rien.

Je crois que beaucoup de gens s’essayant à twitter abandonnent très vite pour une raison toute bête : contrairement à facebook où tout est déjà construit et où il vous suffit simplement d’ajouter des amis, twitter nécessite un véritable effort, ne serait-ce que le fait de patiemment devoir construire ce qui constituera sa timeline (même principe que sur facebook, il s’agit du fil d’actions des gens qui vous suivez) et parce qu’il n’y a… rien d’autre. Pas de jeu pour patienter, pas de tests, rien à liker…et du texte, du texte, rien que du texte (même si twitter évolue toujours et propose désormais plus de facilités pour lire photos / vidéos). Décourageant, un peu, non ?
Vous arrivez sur twitter, vous followez untel dont on vous a vanté la pertinence des tweets, deux, trois personnes de plus, allez, et il ne se passe RIEN. Les gens se parlent, vous n’y comprenez rien et pour cause, vous avez même l’impression d’être tombé dans une immense cour de récré dont vous ne comprenez pas les règles et dont vous êtes exclu(e). A vous de faire un effort pour vous y intégrer : la plupart abandonnent car twitter semble non seulement incompréhensible mais élitiste (ce qu’il est, à mon humble avis, mais c’est un autre débat).

Et, OUI, la plupart des gens, y compris moi, y racontent des choses sans intérêt. Et ?

Il y a en fait de tout sur twitter, à nous de faire le tri selon nos intérêts et nos envies. Finalement, si vous avez l’impression qu’il ne se passe rien sur votre timeline, c’est sans doute parce que vous ne suivez pas, non pas les « bonnes » personnes, mais les personnes parlant de ce qui vous intéresse vous. Car twitter a cette capacité / utilité à rassembler les gens autour de leurs intérêts communs.

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    Partie sérieuse (mais pas que) :

je parlais du côté hybride de twitter. Il peut servir à

  • rester en contacts avec vos amis dans une sorte donc de grand sms communautaire / conneries en tous genres.
  • suivre l’actualité, les sujets qui vous intéressent de façon plus immédiate : Rue89, l’Express, les Inrocks ont des comptes twitter, la Nasa aussi, ou juste s’informer de façon plus générale.
  • suivre des comptes dédiés par exemple à des sujets précis comme la cuisine, ou propres à des marques dont vous êtes fans et dont vous aimeriez connaître les dernières nouveautés très vite très vite très vite (je vous ai parlé de la courses à la rapidité sur twitter ?).
  • savoir quand l’auteur d’un blog que vous suivez a posté, oui, comme les flux rss. Mais pour peu qu’il ou elle tienne son propre compte twitter, vous pourriez en découvrir un peu plus sur la personnalité de la personne en question (Penelope et son planning en retard, Vidberg, Maitre Eolas et le rugby, Boulet et ses réflexions désabusées mais drôles).
  • rencontrer d’autres personnes, échanger, partager, rire… râler (beaucoup râler, énormément râler !).
  • Et puis sinon…

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      Partie sentimentale idiote.

    J’aime les traditions qui se sont installées sur twitter, le langage propre que tout nouvel arrivant trouve incompréhensible (mais qu’on lui expliquera au bout d’un moment, allons, s’il n’a pas cherché un peu tout seul).

  • Les hashtags, servant à regrouper / trouver les tweets sur un sujet précis : #banane #patate #flanauxquetsches #russie #tunisie … Oui j’essaie aussi d’être sérieuse, pardon, mais on finit sur twitter par hashtaguer n’importe quoi, détournant le but originel du hashtag. #pardonjeneleferaiplus. A la longue, on reconnaît l’utilisateur de twitter aux hashtags qu’il finit par mettre dans ses conversations gtalk / mails (non non je ne parle pas de moi).
  • le #jeudiconfession où tous les jeudis, vous verrez défiler des confessions parfois plus idiotes les unes que les autres, ou pas. Matière à réagir sur une personne dont vous lisez les tweets régulièrement, parfois.
  • le RT, aka ReTweet, consistant à répéter le tweet d’une personne parce qu’on le trouve amusant / instructif / intéressant (rayez, ou les trois).
  • le #FollowFriday ou #FF, où tous les vendredis, on conseille à ses propres suiveurs de suivre des gens qu’on suit soi même et qui mériteraient selon nous qu’on s’y attarde… Au fil du temps, le follow friday semble devenir une sorte d’hommage aux gens qu’on apprécie pour des raisons diverses et variées. Du sentimentalisme, je vous disais.
  • Et pour en finir avec la comparaison twitter / facebook, il est courant de dire que sur facebook on ment à ses « amis » réels tandis qu’on dit la vérité à des inconnus sur twitter (d’où la propension d’une partie des utilisateurs twitter à ne pas pousser leurs amis (peu ?) proches à utiliser cet outil…).

    Revenons à nos moutons et à ma propre

    fail
      utilisation de twitter.

    J’ai compris assez rapidement que twitter allait prendre une certaine importance pour moi. Mon (ancien) blog ne servait finalement principalement qu’à échanger avec des personnes que je ne connaissais pas en plus de mes amis in real life : twitter s’est avéré remplir parfaitement cette fonction, en accéléré. Cela ne remplacera évidemment pas le blog (la longueur de ce bilet en témoigne) tout comme twitter ne se substitue pas à des sites d’informations. Mais il y a eu des rencontres humaines vraiment intéressantes (elles se reconnaîtront d’elles-mêmes), au hasard ou presque (intérêts communs, rappelez-vous) de twitter en ce qui me concerne, et il m’est parfois plus facile de communiquer avec mes amis par ce biais…

    Sur twitter, tout s’accélère, tout s’accentue, y compris par exemple… un énervement latent que vous pouviez avoir envers quelqu’un, vos doutes… un effet pervers, donc. Je doute également fortement de la capacité de twitter à jouer un rôle au niveau influence. On y trouve beaucoup de CM (community managers), de gens travaillant de façon générale pour le web, de blogueuses/eurs, qui s’émulent les uns les autres, en cercle fermé. Beaucoup d’échanges superficiels, si vous en avez envie.

    Alors certes, twitter c’est aussi un grand n’importe quoi, une salle de classe dissipée, des nouvelles qui partent dans tous les sens… Mais encore une fois, votre timeline n’est que ce que vous avez choisi d’y mettre, le reflet de ce que vous êtes, presque (mais où je vais, là…?). C’est principalement ce que vous avez choisi d’en faire. Je sais moi ce que j’en ai fait, et cela me convient : j’apprécie twitter pour cela. Un outil malléable, finalement.

    Les images utilisées (à part la première qui inaugure le fait que je me suis remise à dessiner) viennent du site de twitter : à une époque, Cococerise, MiLK et moi nous amusions à les récupérer à chaque problème (et il y en a eu de nombreux) du site…

    10 thoughts on “L'oiseau bleu

    1. 3 février, 2011 at 16 h 03 min

      Excellent ton papier ! :)
      Le premier que je lis sur le sujet qui parle simplement et qui met en avant les « sensations » qu’on peut avoir face à Twitter.

      Je retrouve pleins de remarques que mon entourage (non Twittos) a pu me faire, pleins d’explications à des questions que beaucoup de « non Twittos » pourraient apprécier et pleins de réponses aux personnes qui ont créée un compte et qui ont laissé tombé Twitter quelques semaines après en se disant « pfff, c’est nul… »

      Ah la la, et dire que tu hésitais à mettre en ligne l’article ?!!

    2. Jen
      3 février, 2011 at 16 h 03 min

      Mince, j’ai tout faux alors !
      Ma mère lit mes tweets, mais n’est pas mon amie facebook.
      #mavieestfoutue

    3. Djorak
      3 février, 2011 at 16 h 20 min

      Article sympa dans lequel je me retrouve pas mal. :D
      J’ai commencé Twitter en 2009 en me disant que ça me ferait un petit outil de veille sympa pour découvrir de nouveaux liens/sites.

      En près de deux ans, c’est devenu un outil avec lequel je peux échanger sur mes passions avec des gens intéressants, suivre les monologues amusants de mes blogueurs préférés (Boulet, Pénélope, Vidberg, Maitre Eolas je les suis tous aussi), faire de la veille techo/actu/LOL et bien d’autres choses.

      Je discute régulièrement avec plusieurs personnes avec qui je m’entends bien mieux qu’avec certains de mes « amis » Facebook.

      C’est effectivement l’endroit où je m’ouvre à des inconnus alors que je suis assez discret sur Facebook.

      Bref, je suis #addict @twitter ! :D

    4. 3 février, 2011 at 16 h 41 min

      brillant.

    5. 3 février, 2011 at 19 h 05 min

      Vraiment super billet !

      M mes amis ne savent pas que j’ai un twitter (sauf un) car pour eux « ça sert à rien ».
      D’ailleurs ils ne savent pas que je blogue car « pourquoi tu blogues ? ça sert à quoi ? ».

      Une fois au boulot, on m’a demandé si j’avais un compte twitter, j’ai dit « non » pour éviter ce genre de questions ou de réflexion.

      Comme quoi, Twitter ça passe mieux avec des inconnus qu’avec ses propres amis/famille (pour ma part).

    6. Tit'millie
      3 février, 2011 at 23 h 02 min

      Moi j’ai pas de compte twitter, et maintenant je sais pourquoi :)
      (et puis, je suis bien trop bavarde, que veux-tu que je fasse de 140 caractères :p)

    7. 6 février, 2011 at 10 h 07 min

      J’avoue que par curiosité je suis allée voir les tweets de blogueuses que je suis, et je trouve cela assez drôle, même si je ne comprends pas tout le langage. Je n’ai pas de compte moi même, car je crois que c’est plus drôle quand on connait les personnes avec qui l’on tweet, même sin on ne les connait pas toutes. Et je suis d’accord avec toi, quand tu dis que ça a un côté élitiste, un côté un peu « parisien », ( excusez moi, ce n’est pas forcément une critique),les dernières nouveautés, un tel a fait ça… Mais je comprends que quand on a s’est fait un réseau d’amis sur twitter, on doit pas mal se marrer ! D’ailleurs, on n’est même pas obligé d’ouvrir un compte, pour se marrer !!

    8. 15 février, 2011 at 15 h 20 min

      J’ai enfin lu ce post tant attendu et dont tout internet parle (j’exagère à peine :p)!
      Super, j’aime beaucoup. C’est clair, simple, bien fait… Si après ça des gens te demande encore « l’intérêt de twitter », crotte hein !

    9. 21 février, 2011 at 1 h 50 min

      Je ne voudrais pas avoir l’air de te brosser dans le sens du poil, mais c’est vraiment un des articles les plus intelligents que j’ai lu sur Twitter/ la façon de twitter. J’étais justement entrain de me dire « mon twitter devient très chiant en ce moment et la moitié des gens que je suis ont transformé ma TL en msn géant qui ne m’intéresse que moyennement ». Un grand ménage s’impose et ton article vient d’en donner le coup d’envoi ! Merci alors.

    10. Chili
      21 février, 2011 at 10 h 43 min

      Encore une communauté, avec son vocabulaire et ses blagues. Je penserai maintenant à twitter quand on me dira que c’est dur de comprendre l’univers ugr. :)

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