tonight we fly

Wasabi peas

Il est bien loin le temps où j’écrivais par ici une fois par jour (!).
Ces derniers jours sont étranges, à l’image du temps parisien qui nous promet pique-nique et robes fleuries pour nous ramener brusquement en automne. Un vrai temps d’avril, rien d’étonnant en fin de compte. Pourrais-je donc en dire autant de mes journées, qui m’ont fait revoir une amie que je croyais perdue de vue pour de bon, me font croiser par hasard des amies en l’espace de même pas quatre jours (mais Paris est un village, une agglomération de quartiers, Paris est minuscule), m’amènent à rencontrer d’autres personnes, encore, ou garder le lien avec les amis de toujours ?

Passé 30 ans, ces mêmes amis commencent à réfléchir à ce qui les a changé ces dernières années. Vieillir, mûrir, grandir, quelque soit le terme utilisé, j’entends (et j’acquiesce) que devenir davantage égoïste quand on a tellement pensé aux autres est salutaire, qu’avoir vécu des expériences parfois si difficiles, ces événements de la vie qui vous marquent et qu’on parvient pourtant à dépasser comme on peut, vous forcent à relativiser. Devenir non pas je m’en foutiste ni blasé ou détaché, mais savoir prendre du recul, parce qu’on a touché à l’impermanence des choses.

Ce n’est qu’avec les années passant et les expériences accumulées que l’on peut comprendre ce concept (encore faut-il savoir tirer des leçons de ce qui nous arrive, je sais bien…) : rien ne dure, tout simplement (peut-être un concept très asiatique, qui selon certains médias expliquerait l’attitude apparemment résignée du peuple japonais face aux drames qui les touchent actuellement).

NeverLetMeGoPosteronline

Résignation… le thème central pour moi du film Never Let Me Go vu il y a déjà deux semaines de cela (mais où est donc passé mon temps ?). Adapté du livre Auprès de moi toujours (oui oui passons en français) de Kazuo Ishiguro (auteur également des Vestiges du Jour), un de mes livres préférés de ces dernières années. Je voyais passer les affiches avant de partir, et j’avais peur que l’adaptation ne soit pas à la hauteur. On a toujours peur d’être déçu, non ?

Rentrée, voir ce film a donc fait partie de mes priorités… Qu’en dire ? Que l’atmosphère à la fois pesante, routinière, cadrée, résignée du livre est parfaitement rendue, même si la première partie aurait mérité d’être davantage développée ? Que les acteurs sont excellents, le jeu tout en retenue de Carey Mulligan participant beaucoup à rendre tangible cette histoire particulière, avec ses thèmes… particuliers.

Parce que la fonction des personnages d’Auprès de Moi Toujours, leur but, leur façon d’accepter leur sort, le tout dans l’écriture ciselée et toute en subtilités de Kazuo Ishiguro, m’avaient marquée. Et que j’avais peur (à tort) que ne soit retenu qu’un aspect purement dramatique, presque prise d’otage des sentiments et des larmes dans le film. J’avais tort donc, même si la lenteur calculée du film en rebutera sans doute plus d’un (plusieurs personnes sont parties pendant la projection du film, sans doute déconcertées / impatientes qu’il ne s’y passe pas grand chose). Et moi qui ne pleure plus pendant les films, qui savait pourtant ce qui allait se passer, j’en ai eu la gorge serrée à la fin…

Le film n’a plus l’air de passer au cinéma, n’ayant pas vraiment eu de succès (oui oui, j’en fais ma spécialité, de parler des choses quand elles ne passent plus), mais si vous tombez sur cette adaptation ou sur le livre, restez (patiemment) devant, peut-être : peu d’oeuvres poussent au genre de réflexions qu’il suscite.

Carey Mulligan, en plus d’avoir posé sa voix sur une chanson du dernier album du groupe Belle and Sebastian (« Write About Love ») a également joué dans un épisode particulier de la série Doctor Who (on y revient toujours, allez-vous me dire, et vous aurez raison, et si vous ne voyez pas de quoi je parle, c’est que je ne vous aurais pas assez saoulée avec), puisqu’il s’agit d’un épisode où les personnages principaux sont peu présents et les 45′ centrés sur un personnage indépendant (j’oublie de vous préciser qu’il s’agit aussi de l’épisode à mon sens le plus flippant de toute la série). J’avais déjà aimé son jeu d’actrice à l’époque.

Doctor Who, une série appréciée par le chanteur Neil Hannon, qui en est fan. Des liens tordus juste pour me permettre de finir sur cette chanson de The Divine Comedy, magnifique, évidemment.


Tonight we fly,
Over the houses, The streets and the trees
Over the dogs down below, They’ll bark at our shadows
As we float by on the breeze

Tonight we fly
Over the chimney tops, Skylights and slates
Looking into all your lives And wondering why
Happiness is so hard to find

Over the doctor, over the soldier, over the farmer, over the poacher
Over the preacher, over the gambler, over the teacher,
Over the writer, over the lawyer, over the dancer, over the voyeur,
Over the builder and the destroyer, over the hills and far away

Tonight we fly
Over the mountains, The beach and the sea
Over the friends that we’ve known And those that we now know
And those who we’ve yet to meet

And when we die,
Oh, will we be That disappointed Or sad
If heaven doesn’t exist, What will we have missed
This life is the best we’ve ever had…

Bonne semaine.

4 thoughts on “tonight we fly

  1. ile
    3 avril, 2011 at 22 h 58 min

    un film émouvant ! En sortant je me suis senti « thankful » de y avoir regarde

  2. 3 avril, 2011 at 23 h 02 min

    Merci Littlesa de la critique.
    Comme ma ville est toujours en retard au niveau sortie ciné, je ne peux pas le louper. En effet il sortira en avril ici. ;)

    Ajouté sur mon agenda google. :)

  3. 4 avril, 2011 at 7 h 02 min

    Ouais, un film plutôt spécial mais que j’étais contente de voir. (je crois que des gens sont partis de la salle moi aussi!)

  4. 8 avril, 2011 at 1 h 42 min

    ile : moi aussi ! il faut que tu lises le livre… :)
    glabou : tu me diras ce que tu en auras pensé, dis ? :)
    sironimo : pas assez de patience, le film est lent, il faut bien avouer…

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