L'égoïsme comme clé de légèreté

P1050878

C’est un raccourci, évidemment.

Un post introspectif, ça faisait longtemps.

J’ai l’air d’aller bien, et depuis un bon moment. Et non seulement j’ai l’air, mais je vais, de fait, plutôt bien. Pouvoir dire ça est assez étrange dans mon cas, surtout dans la longévité. Je ne suis pas à l’abri d’un coup de déprime passager à venir, loin de là, et ils arrivent, parfois, mais je n’appréhende plus ces moments.

Le plus étrange est sans doute d’entendre de la part de mon entourage que, oui, j’ai l’air d’aller bien… mais aussi, sans que cela soit un reproche (merci à eux), que je suis plus dure qu’auparavant, plus intransigeante, moins portée à me laisser marcher dessus. De réflexion en réflexion (pas de celles que j’avais avant, pas de celles où mon cerveau ne s’arrêtait jamais de penser, non, désormais il me laisse enfin en paix, ou presque, et je l’en remercie), j’ai réalisé qu’après cette période assez violente de l’hiver dernier où j’étais en colère contre tout et n’importe quoi et surtout n’importe qui, où l’angoisse succédait à des crises de larmes, j’avais, finalement, fait le ménage autour de moi et en moi.

Autour de moi parce que beaucoup n’ont sans doute pas compris ce qui m’arrivait et sont partis. Et la fille qui aurait culpabilisé et se serait remise en question une bonne centaine de fois en se demandant ce qu’elle avait fait pour ça… eh bien, a un peu culpabilisé, s’est un peu remise en question, a été triste, et puis l’a accepté, en se disant que c’était la vie, et que si ça se finissait comme ça eh bien c’est qu’il y avait bien une raison, et qu’elle n’y pouvait rien. Et d’un coup, la vie lui a semblé bien plus légère, et elle s’est demandée pourquoi elle se torturait autant avant…

C’était, d’un certain point de vue, extrêmement égoïste comme parcours et réflexion. Mais elle, je, vais mieux, et c’est finalement ce qui importe, non ? En vieillissant, en grandissant, en avançant, je me dis que je devrais penser à moi d’abord, non, ce n’était pas du tout évident avant (la faute à cette satanée combinaison d’éducation asiatique / culpabilité / manque de confiance en soi / quête de l’approbation des gens pour se faire aimer). Tant que je ne fais pas de mal aux autres, ça ne me paraît pas mal comme façon de penser…

Pour autant, les angoisses sont toujours là, présentes. Une part de ce détachement provient aussi d’un certain mur construit pour se protéger d’avoir encore trop souffert. Mais mes rires sont plus sincères, j’ai cette impression d’apprécier davantage les moments, les choses. Ne plus exister en fonction du regard et de l’approbation des autres a cet avantage que vous êtes en quelque sorte libéré, et là voilà, la légèreté inattendue, celle qui se reflète aussi dans l’étonnement des gens que vous croisez.

L’étonnement mais aussi… certaines réflexions, qui m’étonnent. J’entends que je ne me soucie pas des autres. Que les gens ont l’air de m’indifférer. Peut-être, oui, qu’ils m’indiffèrent plus qu’avant. En même temps, je suis partie de tellement loin… J’ai peur, parfois, souvent, de ne plus être capable de donner assez pour recevoir. Peur de perdre de plus en plus d’amis, lassés par la tournure de mon évolution. Peur de ne plus savoir aimer, peur de me refermer trop sur moi-même, de devenir quelqu’un de résigné. Regrets, parfois, de ce que j’ai laissé derrière. On n’a rien sans rien, me disait quelqu’un il y a peu. Mais je ne sais pas ce que j’ai.

Ma foi, je fais comme je peux, comme tout le monde. Je grandis, je vieillis, tout simplement. Et à ce sujet, la réflexion sur le temps qui passe et nos perceptions du monde qui changent, allez lire ce joli post de Mélanie.

5 thoughts on “L'égoïsme comme clé de légèreté

  1. 28 août, 2011 at 9 h 03 min

    « plus dure, plus intransigeante,… » tu as oublié de dire « plus moi-même » ^^

  2. 28 août, 2011 at 9 h 06 min

    Contente que tu ailles bien, et je pense que cette évolution intérieure, même si elle paraît égoïste aux yeux de certains, est vraiment bénéfique pour toi et c’est l’essentiel. Les bonnes personnes viennent à nous quand on est bien. L’important c’est d’apprendre à penser à soi, car comme toi, je pensais d’abord aux autres avant moi-même. Quelquefois on prend un tournant assez radical, parce qu’on n’a pas l’habitude de penser à soi, mais petit à petit on ajuste !
    Et puis ce qui est super, c’est de savoir que les coups de blues peuvent à nouveau exister, mais de ne plus en avoir peur, ainsi ils ont beaucoup moins de chance de se manifester, ou très peu !
    Merci pour ce joli texte qui d’une certaine façon m’aide aussi :)
    Bises

  3. amélie
    28 août, 2011 at 10 h 25 min

    Un peu d’égoïsme ne fait de mal à personne, c’est important de penser à soi, de prendre le temps de se regarder, soi, pour prendre d’abord soin de soi, et puis pour prendre soin des autres :)

  4. Jen
    28 août, 2011 at 10 h 26 min

    Tu verras, c’est finalement bien agréable d’être égoïste, et ce qu’on pourrait perdre d’un coté, on le regagne au centuple de l’autre !
    Et comme le souligne Mooglosorus, tu acceptes d’être toi-même, c’est le plus important.

    Et si en plus tu te sens bien, tu vas bien, la vie est belle non ?

  5. AeM
    31 août, 2011 at 21 h 12 min

    le véritable égoïsme positif n’est pas l’isolement ou le rejet systématique, c’est d’abord de se comprendre soi-même et de se retrouver, le temps d’une pause souvent nécessaire avec différentes phases :)

    tu le fais très bien !

    bise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *