Japon, 22 jours (part 2 : Tokyo, la suite).

Même à l’autre bout du monde, que font deux amies qui se retrouvent après des mois au lieu de se coucher tôt ? Elles papotent dans le noir, s’échangent des nouvelles… et se lèvent, forcément, tard le lendemain.

Les trois jours suivants furent consacrés à découvrir lentement, à mon rythme, Tokyo, sous la pluie.

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M’y perdre un peu sous un parapluie transparent acheté dans le quartier très commerçant de Shibuya (les fameux parapluies transparents japonais vendus un peu partout, puis accrochés à l’extérieur des maisons / appartements / hôtels, me laissant souvent un bon moment à chercher le mien le matin parmi les (nombreux) autres) où la foule ne semblait jamais décroître. Modernité, hommes d’affaires, étudiant(e)s en uniforme… plus tard, je réalisais que quelque soit le jour de la semaine, je croiserai des écolier(e)s : l’étudiant japonais va à l’école tous les jours, pour étudier certes, mais aussi pour faire du sport, rejoindre son club… sa vie scolaire ne s’arrête jamais.

Il m’a fallu aussi très peu de temps pour constater de moi-même ce dont sironimo m’avait parlé : au Japon, l’habit fait le moine. Tu as un pantalon pattes d’éph’ ? Tu es hippie. Tu as des docmartens ? Tu es rebelle un peu. A l’approche de la station d’Harajuku, quartier plutôt branché décalé, de plus en plus de jeunes filles décolorées apprêtées mais légèrement vintage ou un peu gothiques montaient dans le wagon de train. Pas tout à fait les mêmes que celles qui descendaient à Shibuya, plus modernes, modeuses, maquillées.

Harajuku et ses écolières, Harajuku et ses boutiques de fringues, Harajuku et son tamagotchi shop (les connaisseurs apprécieront), ses gothic lolitas, ses boutiques d’accessoires, Harajuku et.. ses magasins de crêpes (et pour info, le même type de crêperie complètement étrange vient d’ouvrir récemment dans le quartier du Marais à Paris. Oui, ça fait peur).

Harajuku (et Shibuya) et ses boutiques de collants et chaussettes montantes aussi, où, aparté, on repartait avec trois paires de collants / chaussettes hautes pour la modique somme de 1050 yens (8 euros environ à l’époque). Devinez ce que j’ai principalement ramené du Japon et qui me sert encore aujourd’hui ?

Harajuku et son Daiso, magasin d’objets à 100 yens où je me suis difficilement retenue d’acheter la moitié du magasin.

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Et en me perdant dans le quartier, me voilà devant un grand magasin où se forme une drôle de file pour aller tourner une roue colorée. Ni une ni deux je m’y joins (rétrospectivement je me demande bien ce qui m’a pris, vu que je ne parlais donc pas un mot de japonais…), tourne la roue à mon tour en m’attendant à repartir avec une boisson au choix suivant la couleur sur laquelle j’allais tomber (ça tombe bien, je commençais à avoir soif). DING, je tombe sur le BLANC ! L’animateur sort sa clochette, applaudit, enchaîne une longue phrase toutenjaponaisausecoursjenecomprendsrien en se demandant sûrement pourquoi il est tombé sur une gaijin* dans sa file de japonaises, et je comprends d’un coup que j’ai gagné, oh, le droit de… choisir la boisson que je veux. Yey. Quinze courbettes plus tard, je m’enfuis avec une boisson énergisante et un porte-clés bonus (…).

Perikuras !

Et que fait-on aussi quand on est à Tokyo ? On va dans un game center un après-midi où sironimo était libre et on se prend en photo avec les machines à Perikura* (attention, hein, pas celles toutes pourries qu’on a eues en France, non, les évoluées où l’on va passer trois heures à rajouter des conneries dans tous les sens sur la photo)…

On visite un autre jour la Bourse de Tokyo (totalement vide : je dois être la seule gaijin à avoir eu l’idée saugrenue d’aller visiter ça), on commence à se rendre compte qu’existent au Japon des métiers comme « personne qui est postée à une entrée de la Bourse de Tokyo et dont la seule et unique fonction est de dire aux rares visiteurs que la vraie entrée est de l’autre côté ».

On constate joyeusement au fil des jours qu’il y a des combinis* à tous les coins de rue ou presque et que ça change la vie quand on a juste envie de manger vite fait, au choix, des onigiris*, des oyakodons* tous préparés et autres plats pas chers et néanmoins bons ou juste de s’abriter d’un vent démentiel parce qu’on trouve le moyen de se prendre un reste de typhon du coin en se baladant vers Ginza, quartier commerçant (oui, encore) se rapprochant plus des Champs-Elysées dans l’idée : on y retrouve l’Apple Store, des grands magasins de marque, et la fameuse boutique Chanel dont je parlais précédemment, avec sa façade servant d’écran géant.

Un peu plus loin mes pas m’ont portée vers l’immeuble Sony (histoire de me sécher un peu en fait) dont le dernier étage accueillait une drôle d’exposition mise en musique par Imogen Heap, dont j’écoutais l’album en boucle avant de partir. Ou comment se retrouver à sourire bêtement à Tokyo, s’attirant la curiosité de la responsable de l’étage, qui me présente un coin dédié aux albums auto-produits. Or je me baladais avec le premier album de MiLK & Fruit Juice (ne me demandez pas pourquoi). Résultat, le joli design de l’album et l’album en lui-même ont fini dans l’expo (eh oui !).

Tokyo, trois jours d’anecdotes étranges, en fait. Et au fil de ces trois jours, on commence à se balader de façon un peu plus autonome, on stresse moins aux guichets de train (enfin, on essaie). On prend ses marques, on se balade dans Nakano le nez en l’air et on s’enhardit à demander, avec force gestes de la main et signes de la tête, des takoyakis à emporter dans la petite galerie commerçante locale en sortant de la gare…


(Saviez-vous qu’au Japon les plans sont dans le sens où vous vous situez et non pas par rapport au nord = en haut ? … Perturbant, mais aussi logique que nos plans).

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Et on finit par craquer et par acheter un instax mini qui servira pour le reste du voyage…

Le reste des photos est par ici.

*gaijin : étranger.
perikura : planche autocollante de mini photos (rigolotes).
combini : supérette où l’on trouve généralement à manger, boire, journaux, et produits très basiques.
onigiri : boulette de riz triangulaire, avec au milieu au choix : saumon, prune, euh… bref, je choisissais au pif.
oyakodon : poulet pané et oeufs cuits sur un bol de riz.

(A suivre : vers Kyoto, considérations diverses et détails).
(Wouhou, cinq jours sur 22 !).

Ghibli Museum Part 1

10 thoughts on “Japon, 22 jours (part 2 : Tokyo, la suite).

  1. Izura
    21 novembre, 2011 at 20 h 26 min

    Le restaurant de crepes dans le marais c’est princesse crepe, c’est trop bien ^^

    Maintenant j’ai envie d’un oyakodon >_<

  2. Jooles
    21 novembre, 2011 at 23 h 46 min

    J’aime bien lire cette série :) ça me donne tellement envie d’y aller…
    Et pour l’histoire du mec dont le seul but est de t’indiquer l’entrée, y a la même chose à l’ambassade française de Berlin ! (mauvais souvenir inside xD)
    Et pour les plans… Mais ça me simplifierait tellement la vie si c’était comme ça partout ! Ca devrait être une convention internationale, j’arrêterais de me perdre ! Truc de fou.

  3. Amy
    22 novembre, 2011 at 0 h 02 min

    Soupirs….
    Tu avais mis combien de temps environ pour préparer ton voyage?

  4. 22 novembre, 2011 at 1 h 49 min

    Izura : ah mais t’y as mangé ?? Mais t’es fou ! ;)
    Jooles : Ce qui est marrant c’est que je n’écris pas (j’aurais pu) pour donner envie d’y aller mais j’avais tellement tellement aimé ce voyage… ^^ Pour les plans ça me perturbait quand même pas mal, notre cerveau est pas habitué… y’aura une partie « je me suis bien paumée des fois » bientôt :D
    Amy : euh… je n’ai quasi rien préparé en fait, le billet d’avion, le Japan Rail Pass pour être libérée des contraintes ferrovières, le guide du Routard si je me souviens bien pour réserver les ryokan (il faut dormir dans un ryokan !!)… mais comme je disais j’avais la chance d’avoir une amie sur place. Ceci dit il y a peu à préparer, un guide dans sa poche, le JRP et un endroit où dormir et zou :)

  5. aem
    25 novembre, 2011 at 10 h 43 min

    merveilleux :)

    merci pour ce récit !

  6. 26 novembre, 2011 at 0 h 46 min

    aem : merci !

  7. 26 novembre, 2011 at 19 h 32 min

    Trop de bons souvenirs c’est sur! Très beau post au passage :) et on voit que tu t’es très bien intégrée c’est fou :p
    rhooo les vendeurs de takoyaki de mon quartier #*___*# nyaaa~~~!

  8. 27 novembre, 2011 at 15 h 57 min

    sironimo : mais oui ça me rappelle aussi trop de bons souvenirs en écrivant ces posts… (j’ai envie de takoyaki !).

  9. 28 novembre, 2011 at 20 h 14 min

    Je viens donc de manger un demi paquet de cookies. Néanmoins tu as réussi à me donner faim avec cet article.
    (bon et si tu fais 22 articles pour tes 22 jours de voyage, ça ne me dérange pas !)

  10. 29 novembre, 2011 at 2 h 17 min

    Les Images : Mais ça représente combien de paquets de cookies 22 articles ? ;)

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