Japon, 22 jours (part 5 : un peu de Kyoto quand même)

Kyoto, ville calme. Ville à temples.

Kyoto qui s’est parcourue à pied parce que le trajet du métro n’était pas bien pratique, que j’ai renoncé à comprendre le système des bus (blague récurrente mondiale en ce qui me concerne, voir Dublin, Montréal, Barcelone, Athènes, etc etc), et que je voulais simplement prendre mon temps en me perdant un peu dans les rues de la ville, celles où les voitures ne passaient pas.

Drôle de promenade.
Je pensais faire un tour des principaux temples, avant de réaliser que 1. je n’aurai jamais le temps en une seule journée 2. me perdre pour de bon, volontairement ou pas, pour contempler le paysage, les gens qui passaient, l’atmosphère tellement sereine de cette ville, bref, me perdre était ce que je voulais.
Résultat, je n’ai rien fait ou presque de ce que j’avais prévu, je n’ai quasi pas pris de photos des endroits touristiques (le Temple d’Argent où je me suis pourtant rendue en premier), m’attachant pendant cette journée à des détails certes parfois incongrus, le nez en l’air à contempler les bâtiments, ou a contrario le nez plongé dans ma carte.

Une Sabine de bon matin tenta quand même de prendre un peu le métro avant de se dire que, bon, à pied, c’est tout aussi bien. Elle aurait pu prendre un vélo comme les nombreux étudiants qui passaient aux alentours de l’université, mais non.

 

Et puis, sur la route après l’université, j’ai décidé de prendre une petite montée sur la droite qui se perdait dans ce qui semblait être un petit parc boisé sur une petite colline. Le chemin serpentait, faisait des lacets, j’ai continué. A un moment, je me suis arrêtée pour manger les onigiri que j’avais achetés un peu plus tôt dans la petite boutique toute jaune et toute mignonne. Assise sur mon tronc d’arbre, j’ai réalisé que j’étais toute seule dans cette clairière, et que j’étais bien. Quelques minutes plus tard, au détour du chemin, un parc avec quelques enfants ; plus loin encore, un temple caché.

J’ai fait le tour, doucement, silencieusement. Cette sensation d’apaisement que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs qu’à Kyoto.

(Par contre, j’ai fait moins la maligne dix minutes plus tard en constatant qu’à force de lacets et de détours sur ce chemin sur cette colline, j’étais complètement paumée. Grand moment de solitude quand je me décidais à finalement sortir la boussole de l’iPhone, vu que la position du soleil m’indiquait pourtant clairement que j’étais dans l’exact sens inverse de là où je pensais être selon la carte. La boussole a corroboré, et je me suis dit que j’avais sacrément tourné…).

 

En redescendant, quartier résidentiel typique (je serais donc incapable de vous dire où j’étais, hum hum). Je crois que les photos ci dessus correspondent à la représentation que je me faisais du Japon hors Tokyo : les couettes séchant aux balcons des maisons basses, les petits murets de pierre… et ces feuilles rouges, d’un rouge où je suis restée scotchée un bon moment devant.

 

J’ai réussi je ne sais comment à quand même rejoindre le chemin de la philosophie, célèbre promenade (« Il est possible de parcourir à Kyoto le chemin de la philosophie, chemin qu’empruntait le philosophe Kitarō Nishida tous les jours, afin de réfléchir.« , extrait wikipedia) avec quelques temples moins visités. L’un d’entre eux abritait une petite exposition où je me suis risquée. Je me souviens encore de cette conversation entre l’artiste et les touristes présents, lui demandant son mail ou l’adresse de son site web, et l’artiste expliquant avec un grand sourire qu’il était absolument ravi de l’intérêt que ses toiles suscitaient auprès d’étrangers, qu’il n’avait ni adresse mail ni site web, mais qu’il serait ravi de leur communiquer son adresse postale. Autre pays, autre temps, autre artiste ? Pour accéder à ce temple, j’avais lentement gravi un chemin au milieu des arbres où un couple plutôt bien âgé, en habit traditionnel, s’affairait d’un côté et de l’autre de la route à retirer la moindre feuille morte. Quant à l’artiste en question, curieux de ma provenance, il venait lui et son assistant de Kobe, était déçu que je n’aie pas prévu dans mon voyage d’y passer, me vantant beaucoup la cuisine de sa très chère ville natale (donc un jour, forcément, j’irai à Kobe !).

Plus loin sur le chemin en hauteur, je ne résistais pas à l’envie de m’arrêter, à passer la barrière pour aller me poser dans l’herbe (oui, ce fut une longue journée de pauses, à vrai dire). Les touristes passaient, la lumière déclinait, les arbres bruissaient en contrebas, quelqu’un devant moi peignait.

Et de tours en détours, la nuit est tombée, j’ai couru à la gare de Kyoto retrouver la famille de voyageurs qui attendait sous le sapin géant en supportant bravement les chants de Noël tournant en boucle dans la gare (ah, Last Christmas de George Michael, et les écolières en uniforme chantant gaiement en anglais sur les escalators de la gare). Est-il besoin de rappeler que nous n’étions que le 29 octobre ?

Et cette gare immense…

… d’où je partais le lendemain pour une journée à Inari et ses portiques, puis Arashiyama.

Le reste des photos par ici.

Nara Part 4 Kyoto Part 3 plan Part 2 Ghibli Museum Part 1

4 thoughts on “Japon, 22 jours (part 5 : un peu de Kyoto quand même)

  1. 9 janvier, 2012 at 11 h 00 min

    Parfois se perdre ça nous donne de jolies surprises ! Très belles photos, ça fait envie.

  2. Tit'millie
    9 janvier, 2012 at 21 h 21 min

    super post! merci ! (vivement le prochain :-))

  3. 10 janvier, 2012 at 2 h 05 min

    Tu as fait de si belles photos !…. Et je ne peux m’empêcher d’avoir al gorge serrée par l’émotion en les regardant… cela me rappelle tellement de choses, de couleurs, de senteurs, de sons, de formes… Comme toi la couette au balcon des maisons basses… Et ce calme si particulier. Merci pour cette belle page.

  4. Jooles
    10 janvier, 2012 at 5 h 52 min

    Tes photos sont magnifiques. Je suis contente que tu aies décidé de faire un compte-rendu, même tardif, il est tellement agréable à lire… J’aimerais bien arriver à voyager un jour, moi aussi, être capable de le faire seule s’il fallait. J’ai déjà dû te dire que le Japon était la destination dont je rêve, mais la façon dont toi tu l’as fait me semble tellement belle et tellement authentique, loin des clichés touristiques… ! Ca me donne de l’espoir, je savais pas que c’était encore possible. (Ouais, je suis restée à l’époque Out of Africa, donc forcément je suis un peu déçue quand je m’aventure hors de chez moi…)
    Va falloir que tu m’apprennes à voyager, un jour :P

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