Centre rouge, Australie… ("le voyage", part 3).

Je garderai sans doute toute ma vie un souvenir assez intense du désert australien. Et ce d’autant plus, paradoxalement, parce que j’ai peu de photos, ayant oublié (bêtement, je le conçois, mais nous en étions au début encore du voyage) de le recharger avant d’attaquer ces trois jours. Et le recharger pendant, n’y pensons même pas – mais je mets la charrue avant les boeufs.


A la fois beaucoup et de peu de temps pour penser. Peu parce que le regard est attiré par mille choses à la fois. Il y a le décalage entre le fantasme que l’on se fait du désert et la réalité : le territoire du centre rouge n’est pas entièrement rouge, non, il est même plutôt vert parce qu’il y pleut assez souvent depuis quelques années. Il est immense, et le moindre déplacement prend un temps fou – on n’aimerait pas se retrouver bloqué sur ces quelques longues routes droites et interminables, mais on a peu de chance de se perdre en voiture – c’est tout droit. Beaucoup de temps donc par contre passé dans ce minibus, à somnoler la plupart du temps par manque de sommeil.


Mon ami le minibus et sa mini cariole.

Le ton est donné dès le début du premier jour, à 5h30 : Ryan, gentil organisateur aux cheveux longs blonds tendance surfeur (on apprendra qu’il a effectivement grandi du côté des plages de la côte est) mais au look plutôt castor junior, va s’occuper de notre groupe d’une quinzaine de personnes, mais il va falloir y mettre du nôtre pour que ça fonctionne. Première chose en ce petit matin, nous distribuer à manger : je contemple mon petit sachet contenant une brique de jus d’orange et des biscuits, ai l’impression de me retrouver en colo. Ce sera le fil conducteur du séjour, s’assurer sans arrêt que nous buvons et mangeons tous assez.

Boire, surtout. A part nous munir d’un petit sac pas trop encombrant, d’être protégé du soleil (le contraire serait suicidaire), il y avait peu de consignes concernant cette équipée, mais l’une d’entre elles reviendra non stop : avoir en permanence sur soi deux bouteilles d’un litre d’eau minimum sur le dos, retenir que les points d’eau sont rares mais indiqués et qu’il faut donc en profiter quand on tombe dessus pendant une randonnée, et penser à boire, régulièrement, parce que non, on n’aura pas forcément la sensation de soif pour y penser. Surveiller régulièrement aussi l’état de gonflement de ses mains – peine perdue, nous avions tous déjà les doigts boudinés après la première marche.

Parce qu’il faisait chaud. Très chaud. J’appréhendais cette chaleur avant même l’arrivée en Australie, et je l’avais mal vécue à Perth ; mais curieusement, parce qu’il y avait quand même un petit souffle d’air qui passait, parce que nous nous protégions bien du soleil et buvions TRES souvent, je l’ai presque mieux supportée. Viennent ces moments où tu scrutes le ciel pour savoir quand le soleil sera caché momentanément par un nuage salvateur…


Bon, quand même, les trois heures trente de randonnée autour du rocher d’Uluru, je les ai senties passer.

Même si ça en valait largement la peine…

Uluru, c’est aussi surtout là où vivent les aborigènes. Et on comprend en parcourant les kms du lieu, en lisant, en se rendant au centre culturel aborigène, à quel point les tensions peuvent encore subsister, mais aussi tout le travail de longue haleine pour arriver à une collaboration pacifique…

Lieu touristique, endroit musée pour nous. Lieu de vie sacré pour eux. Des enfants sont passés très vite en vélo au début de la piste que nous empruntions. Au loin, des sons d’instruments à vent, parfois, des silhouettes furtives au loin derrière les rochers, là où nous n’avions pas le droit d’aller. Décalage marqué : ils étaient chez eux. Un chez eux devenu lieu touristique.

Une bonne somme de choses jamais expérimentées avant en ce qui me concerne, voilà comment je résumerais les jours suivants.

La chaleur. Les blagues de Ryan pour nous déstresser, avec un humour très « Australie du centre », c’est à dire bien se moquer mais gentiment, ou nous annonçant (et ce n’était pas une blague) le lever pour 4h du matin alors qu’il est minuit. Ou que si nos swags (sacs de couchage) ne sont pas bien enroulés, on en sera quitte pour les refaire encore et encore au petit jour.
Les nuits à la belle étoile, sous le ciel nocturne étoilé à l’envers… mais après avoir cherché un endroit sans trop de moustiques dans le coin. Les fourmis qui vous attaquent les jambes en trente secondes si vous avez le malheur de vous trouver sur leur chemin (j’avoue, c’est devenu par la suite une obsession de les éviter).
L’ambiance camp de scouts pour faire à manger / ranger aussi vite que possible parfois. La piscine en plein milieu de nulle part, avec les gars (et les filles) qui finissent par faire un concours de vitesse. Sortir de la piscine et se sécher en évitant les fourmis (again).
Le « on se lève à 4h, on décolle à 4h20 » = sans doute les records personnels de chacun entre le réveil et être opérationnel. Somnoler sous sa capuche de sweat enfoncée dans son siège de minibus avant d’aller voir le lever du soleil dans le désert (avec tout autant de touristes).
Se retrouver à parler de politique française avec une coréenne au milieu de nulle part, dans un parc déserté. Ou s’endormir sur une immense table sous un abri, parce que les bancs sont justement recouverts de fourmis, se faire réveiller par la conversation d’un groupe de touristes… niçois.
Le bruit de tonnerre, répété encore et encore, quand nous arrachions des branches de bois mort pour faire du feu. Le feu de camp avec les swags autour, le soir, et essayer un didgeridoo (échec !). La nuit totale, les jurons d’avoir des lampes torches pas assez puissantes pour traverser un endroit désert, se demander sérieusement par où est le campement et penser aux serpents.
Le compte des trucs à toujours avoir sur soi : lampe torche, bouteille d’eau. Recompter les bouteilles d’eau, encore et encore.
Le lac de sel au soleil, éblouissant. Presque s’habituer au rythme mais pas vraiment. Boire du champagne dans un verre en plastique au coucher de soleil devant Uluru… avec plein d’autres touristes venant de plein de cars de touristes. Mais se retrouver à seulement deux mini-cars dans la nuit noire quand tous les autres sont partis. Chercher sa lampe torche (il y a des choses récurrentes !).

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Et se dire, après trois jours et le retour à la civilisation ou presque, qu’on est contents de l’avoir fait.

Next : Cairns, l’Outback… et les koalas !

Oh, au fait, si un jour vous allez par là bas, Emu Run Tours, à conseiller absolument.

Et les autres photos sont .

La pointe sud-ouest de l'Australie :) Part 2 Fremantle Part 1

2 thoughts on “Centre rouge, Australie… ("le voyage", part 3).

  1. AeM
    3 juillet, 2012 at 8 h 57 min

    coucou :)

    tu sais ce qui est encore plus bête qu’un appareil photo qu’on a oublié de recharger ?

    un appareil photo dont on s’aperçoit seulement au début d’un séjour que la batterie se décharge en 20 photos prises seulement !

    bise :)

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