Aiya

Un dimanche.

Un dimanche, L&L sont passés chez moi, et la fenêtre était ouverte. Il faut que je vous dise, je n’invite presque jamais personne chez moi, pour plein de raisons toutes très bêtes mais néanmoins très valables dans ma petite tête : j’ai peur que les gens s’ennuient, je ne sais pas quoi leur proposer de faire, je ne sais pas quoi leur faire à manger, je n’ai pas de canapé, et quoi d’autre ? Je ne sais plus, mais voilà, il est rare que les gens mettent un pied (ou deux) chez moi. J’ai besoin de leur faire confiance, à ces gens, pour qu’ils ne jugent pas ma façon de vivre et d’être. J’essaie d’inverser cette drôle de tendance dernièrement mais ce n’est pas gagné. Je suis bien compliquée, je sais.


Parce que l’amitié, c’est compliqué de façon générale. C’est que je me disais ces derniers jours en discutant avec des amis, différents, plus ou moins proches, récents, anciens. Gérer les attentes qu’on a envers ses amis et inversement, qui ne sont jamais, non, jamais, les mêmes. Il y a les amitiés qui reposent sur une expérience commune (école, boulot), d’autres sur des affinités. Il y a les amis qu’on a pour passer un bon moment, ceux sur lesquels on pourra compter quand ça ne va pas. Parfois, ce sont les mêmes. Pas toujours. Je ne suis pas très sociable en ce moment, je me pose plein de questions sur mon rapport aux autres, comme d’habitude. Et puis les amis proches, quasi familiaux, c’est tellement confortable finalement, même si parfois / souvent il a fallu en passer par des crises, réussir à garder ces amitiés précieuses malgré les évolutions respectives inévitables… je n’ai peut-être plus l’envie de faire des efforts par ailleurs, qui sait ?

J’ai cette chanson en tête depuis deux jours, en boucle. Du coréen, oui, que je commence à comprendre de plus en plus. Il y a des scènes de vie de là bas, en Asie. Là où j’ai envie de repartir.
Là bas, souvent, je me sentais chez moi. Etrange sensation vécue au Japon, mais aussi à Taïwan. Je me demande souvent pourquoi, et si c’est le lot de tous ceux ou celles qui, comme moi, sont nés ici, éduqués à la fois à l’occidentale par l’école, l’environnement, les amis, mais toujours rattrapés par la part importante de l’éducation asiatique dont les principes sont souvent tellement contraires à ceux cités précédemment. Ecartelés. Parfois, on arrive à concilier les deux. On vit cette dichotomie de façon plus ou moins sereine selon les étapes de la vie.
Est-ce en partie pour cela que je me sentais un peu plus apaisée là bas, tout en sachant qu’il me faudrait revenir pour ne pas souffrir de l’excès inverse ? Je ne sais pas. Et l’enfant élevée par ici, celle qui définit l’adulte que je suis, le sait encore moins.

* Aiya veut dire enfant en coréen.

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2 thoughts on “Aiya

  1. 18 juin, 2012 at 20 h 46 min

    J’aime cet article, le ton que tu prends, la photo… Je m’y retrouve bien :)

  2. 19 juin, 2012 at 12 h 58 min

    Merci :) Et je ne désespère pas qu’on arrive à se parler + que 5′ ;)

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