hello drama

Ca devait bien finir par arriver, ceux ou celles qui me suivent sur twitter (ou dans la vraie vie… si si) savent que je suis tombée à cause d’une certaine demoiselle dans la marmite géante des dramas coréens. Ne me demandez pas pourquoi on dit drama plutôt que série tv, il me semble bien que c’est le terme utilisé en Corée ou au Japon, tout simplement.

rtp-script
Le script de la série Rooftop Prince,
une sorte de série fantastico-romantique policière un peu trop addictive.

Essayer de vous expliquer l’addiction aux dramas coréens reviendrait à tenter de vous expliquer pourquoi on peut en arriver à dévorer une tablette de chocolat entière en une seule fois : on sait bien que ce n’est pas bon pour la santé, c’est sucré, voire écoeurant à force, mais on n’arrive pas à s’arrêter. Le drama coréen est une donc une industrie de séries télévisées comme il en existe ailleurs.

Une très intéressante émission radiophonique dont j’ai malheureusement oublié le titre (hum) traitait du phénomène des séries TV. Je ne peux qu’être d’accord avec le postulat de base que je résume pour ma part de la façon suivante: les séries tv sont une excellente représentation, quoique souvent déformée dans le cliché, de la mentalité d’une société à un moment donné. Ses aspirations, envies, problèmes, malaises… etc seront représentés ou pas, justement, dans la production télévisuelle. Rien de mieux, ou presque, selon moi, pour comprendre un pays, ses traditions, son mode de pensée, déformés certes, mais bien présents. Des séries mal faites, pleines de clichés, il y en a partout.

Dans le cas du drama coréen, dont la production est énorme et s’apparente aux Temps Modernes de Chaplin (journées de 22h, accidents de tournage répétés, voir une partie de ce post) et qui reflète encore une fois une mentalité bien particulière, il y a bien sûr de tout : de la comédie, de la romance, de l’action, du drame… des formats courts avec rires enregistrés aussi. Dans la majorité des cas il s’agit plutôt d’un format de 16 à 20 épisodes, d’une durée de 45′ à 60′, en une seule et unique saison (non, pas de suite, ça simplifie les choses), diffusés deux soirs de suite dans la semaine.

Aparté. Le phénomène de l’hallyu coréen est étonnant, quoique pas vraiment si on s’y intéresse un peu. Après quelques recherches, il s’avère qu’il s’agit d’une véritable volonté du gouvernement coréen de diffuser de façon internationale des pans de leur culture, notamment au travers de la musique (kpop) et plus généralement par l’industrie du divertissement (les séries tv, donc). En ce qui concerne la France, je considère que la vague coréenne est bien plus forte que celle, japonaise, qui avait débuté il y a 15-20 ans (quant à savoir si elle finira par s’installer durablement, c’est une autre histoire), sans doute aussi parce que l’influence japonaise est justement passée par là auparavant. Dans les boutiques où l’on trouvait des goodies (produits dérivés) japonais, la part coréenne est de plus en plus importante (voire en a pris la place), les adolescentes suivent l’actualité de leurs groupes préférés qui viennent se produire en France à guichets fermés, et se mettent à pister un acteur de drama coréen actuellement à Paris (des fans, donc).

Je ne suis personnellement pas touchée par le phénomène de la pop coréenne, sans doute une question d’âge (tout en comprenant parfaitement le succès grandissant de ce genre de musique auprès des ados en France et ailleurs), mais en dehors des chansons de bande originale de séries tv (cela fonctionne pour n’importe quelle série de n’importe quel pays, on finit par apprécier ces chansons qui reviennent sans arrêt pendant les épisodes, bonjour le lavage de cerveau, ou par écouter en boucle les chansons d’un film pour mieux se remémorer de l’ambiance dudit film), j’ai réalisé il y a peu que je m’étais mise à écouter certes du coréen, mais… dans la frange pop indépendante voire pop folk. On ne se refait pas.
Fin de l’aparté.

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Coffee Prince,
comédie romantique dont le lieu de tournage,
un café, est devenu un… vrai café.

Il y a des disparités intéressantes dans les dramas. L’auto-censure plus ou moins prononcée selon le canal de diffusion, sur l’une des trois grandes chaînes coréennes (KBS, SBS, MBC) ou sur les chaînes câblées (tvN – il y en a d’autres mais les amateurs de dramas coréens ne retiendront que celle ci, et il y a bien assez à faire avec les dramas diffusés sur celles suscitées), qui feront que les amateurs de séries un peu plus originales, expérimentales, intéressantes diraient certaines mauvaises langues, iront chercher leur bonheur sur le câble (comme partout ailleurs dans le monde, aurais-je envie de dire), où les taux d’audience seront néanmoins très faibles voire ridicules comparés aux scores des dramas diffusés sur les grandes chaînes, au public plus familial (comme… ok, vous m’avez compris). Il suffit de jeter un coup d’oeil au programme des soirées de la semaine à venir pour comprendre le phénomène et la concurrence de mise (informations tirées du site Dramabeans) :

* Monday-Tuesday (July 16-17) : Big 13-14 (KBS) / Golden Time 3-4 (MBC) / The Chaser 15-16 (SBS) / I Love Lee Tae-ri 15-16 (tvN)
* Wednesday-Thursday (July 18-19) : Gaksital (Bridal Mask) 15-16 (KBS) / I Do, I Do 15-16 (MBC) / Ghost 15-16 (SBS) / I Need Romance 2012, 9-10 (tvN)
* Saturday-Sunday (July 21-22) : Stroke of Good Luck 43-44 (KBS) / God of War 45-46 (MBC) / Dr. Jin 17-18 (MBC) / Delicious Life 25-26 (SBS) / A Gentleman’s Dignity 17-18 (SBS)

Et là dedans vous avez, dans le désordre, de la romance (Big pour le public large et I Need Romance pour le jeune public câblé, donc plus moderne et ancré dans le temps actuel), du policier (Ghost), de la série dite « historique » (Dr. Jin), et encore de la romance (I Do, I Do, ou une réflexion sur le mode romantique des aspirations d’une presque quarantenaire sur le désir d’enfant et sa place dans la société).

Bon, ce qui marche le mieux, évidemment, ce sont les comédies romantiques. Quant à moi, j’ai constaté récemment avec effroi (ou pas) que j’avais en l’espace d’un an déjà visionné une quinzaine de séries coréennes. Beaucoup, certes, sauf si je constate également que je ne regarde plus vraiment de séries us / anglaises hormis Dr Who, que mon addiction aux séries s’est arrêtée à Friends & Buffy et plus récemment the IT Crowd / Glee, et que… naturellement, je me demande personnellement si une part de mon intérêt pour cette frange de séries provient de mes racines asiatiques (mais ne nous leurrons pas, nul besoin d’être asiatique pour tomber là dedans, même si une certaine sensibilité à la culture asiatique aide grandement). J’ai vu beaucoup de séries bulles de savon qui nécessitaient un neurone et demi pour les regarder, mais également certaines réellement bien écrites : je pense notamment à Coffee Prince (2007), véritable phénomène de société en Corée, dont les dvd français sont même sortis, qui m’a souvent fait penser que je n’avais jamais entendu d’échanges de dialogues aussi réalistes sur les rapports amoureux.

Les mauvais côtés des dramas coréens : le rythme dingue de tournage des dramas coréens (on est un industrie qui tourne à plein régime ou on ne l’est pas hein) a pour résultat malheureux que certaines très bonnes séries, bien parties, s’effondrent en cours de route par manque de cohérence scénaristique (l’écriture des scripts / scénarios en cours de tournage, je ne suis pas certaine que ce soit l’idée du siècle), la fatigue accumulée finit par se voir sur les visages des acteurs, et, plus prosaïquement, même si on n’atteint pas les sommets du genre au Japon, la tendance (fort heureusement qui va en se minimisant) au jeu d’acteur exagéré, mais on dira que c’est un peu culturel…

Enfin, j’oubliais une part importante de l’addiction de ces séries : la relative facilité, comparé à d’autres pays, à pouvoir les visionner, sous-titres compris, hors Corée…

Quelques trailers histoire de vous donner une idée purement subjective :


(41 secondes) – La série Ghost, en cours de diffusion, et que je n’ai pas encore vue, m’a l’air proche d’un CSI en moins chiant (pardon…).


(1’34 »)Shut Up ! Flower Boy band (alors, par contre, les titres anglais, si on s’y attachait, je crois qu’on ne regarderait rien), série du câble (tvN), qui m’a réellement surprise car le postulat de base (un groupe de jeunes ados faisant de la musique et qui se cherchent) ne m’intéressait pas plus que ça. Au final, une excellente série sur les choix à faire au moment du passage à l’âge adulte.


(Une minute et une seconde)Big, également en cours de diffusion, comédie romantique au postulat farfelu inspiré du Big avec Tom Hanks (je suis en train de suivre cette série, et si ça finit n’importe comment, je je je… je ne sais pas, je hurle ?). Edit : ça finissait n’importe comment, j’ai hurlé, ne pas regarder ! Note : je n’y suis pour rien dans l’utilisation du comic sans ms dans les sous-titres, iiiih !


(3’38 ») – Queen In-Hyun’s Man, série du câble également, pure histoire d’amour, qui a eu un succès assez important surtout auprès des fans internationaux, sans doute du fait de son scénario un peu plus solide (8 scripts sur 16 épisodes écrits et finalisés avant même le début du tournage, j’imagine que ça joue bien), et de son parti pris photo plus ambitieux qu’ailleurs. Il ne s’agit pas d’un trailer mais d’un clip vidéo réalisé par un fan – spoilers dans tous les sens, ne pas regarder si vous avez l’idée saugrenue de vous y mettre après m’avoir lue, ce qui m’étonnerait, mais sait-on jamais, sinon vous pouvez vous restreindre aux premiers secondes – les premières notes du clip me trottent sans arrêt en tête, c’est assez agaçant à force (pour régler ça, je l’ai mise en sonnerie de téléphone portable. Je sais).

Voilà pour cet article qui me fera perdre quelques lecteurs de plus, mais, enfin, de toutes les façons, si vous n’aimez pas le chocolat
Un article (en anglais) sur le sujet, sur un blog du site de CNN.

Bonne semaine, je vous assure que je reprendrai le cours des récits de voyage un de ces jours, au moins avant de repartir…

5 thoughts on “hello drama

  1. Tit'millie
    17 juillet, 2012 at 8 h 15 min

    Mais non ça te fait pas perdre des lecteurs, rho :)
    Bon, je ne sais pas si je vais me mettre aux drama coréens mais j’aime bien la façon dont tu en parles… (remarque tu m’as fait tomber dans Glee alors on sait jamais ;-))

  2. 24 juillet, 2012 at 0 h 56 min

    Ah ah ah, merci pour ce commentaire ! ;) Je ne crois effectivement pas que je réussirai à convaincre qui que ce soit de se mettre aux dramas coréens mais de toutes façons ce n’était pas le but ;)

  3. JulieCaroline
    1 août, 2012 at 11 h 52 min

    hiiiiiiiiiiiiiiiii

    naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan mais pourquoi j’ai lu cet article !

    Avec les vacances j’avais réussi à cacher dans un coin de ma tête ces quelques gigas qui m’attendent.

    Pour te dire, au début (qq mois) j’ai gravé 50DVD de drama (compressés), jp et k, après j’ai arrêté de les graver, je me suis dit que ça servait à rien… (d’ailleurs ils sont illisibles maintenant, je viens de regarder dans mon étagères à poussières).

    Récemment sur M6 ils ont passé une série policière très sympas, Grand Hotel. C’est espagnol, ça se passe au moment où l’électricité est à ses débuts, notamment dans un grand hotel (on s’en doutait) dans la province de Barcelone. 9 épisodes seulement, avec une presque vraie fin qui clôt toutes les intrigues de la saison. Le doublage est pas fantastique, correct dans l’ensemble, mais j’ai un faible pour cette époque (comme dans les bouquins de B. Akounine)

  4. 1 août, 2012 at 12 h 00 min

    JulieCaroline : Mais euh, et comment je fais pour pouvoir regarder ça moi ? :) bon ceci dit j’avoue que je ne suis pas très série policière, quelque soit le pays ;)
    Et, ha ha ha, mais si, souviens-toi de ces quelques gigas qui t’attendent, na :p

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