Capture

Je crois que je me censurais de plus en plus par ici. Je crois qu’un déclic s’est fait à cause de l’association de mon regard tombé sur un pot de yaourt vide et la chanson Through the Backyards d’Au Revoir Simone qui n’était pas censée passer en fond. Je crois qu’à trop vouloir re-rentrer dans les petites cases dont je ne fais pas partie (cf le titre de ce blog), pour moins souffrir d’être si différente pour plein, trop plein, tellement trop, de raisons, je me suis perdue en chemin. Et j’aime la photo ci-dessous, elle n’a rien de parfaite, loin de là.

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Le yaourt vide qui traîne n’a rien de très photogénique, non ? Les piles qui menacent de s’écrouler en fond non plus, les papiers jamais triés encore moins. J’avais cette impression diffuse de ne plus savoir comment dire les choses par ici, quoi écrire, comment. C’est normal, j’avais bâti un mur pour me reposer derrière, être moins touchée. Moins touchée par quoi, la vie ? Oui, la vie. Les gens aussi, qui peuvent vous blesser si facilement sans s’en rendre compte (ou en s’en rendant compte, aussi). Marre aussi d’être la fille mélancolique qui émeut les gens, j’ai préféré être la fille plus dure qui ne laissait pas les gens l’émouvoir, s’investissait moins. Parce que la mélancolie, à vrai dire, on finit par s’en lasser soi-même, si si. Il serait trop difficile de vous expliquer pourquoi il est si dur de trouver le juste milieu entre le réconfort dont on a légitimement besoin, d’autant plus si on en a manqué, et l’envie de ne plus être seulement la personne à protéger. C’est un combat interne perpétuel et personnel, qui ne peut se résoudre que par… moi.

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Je ne sais pourquoi j’ai subitement eu envie de capturer cet instant précis, là, où j’ai eu envie d’écrire ce qui me passait par la tête, sans réfléchir, et l’environnement autour de moi. Le bordel rassurant, la pile de télérama qui devient un meuble bas à lui tout seul, ces tasses à thé que j’étais si heureuse de trouver en chinant, la théière de ma grand-mère où j’ai failli pleurer l’autre jour d’en avoir cassé un bout du verseur. La planche à découper devenue plateau parce que bien pratique comme ça finalement. J’ai besoin que les objets autour de moi aient une histoire, un historique, parce que le mien est à la fois trop lourd et trop léger.

Oui, les éléphants, ça vient quand même, vous n’y échapperez pas.

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