J’allais, je vais.

J’allais, je vais d’un endroit à un autre, mon sac à dos à poi(d)s sur les épaules, me souvenant qu’il faut que je lève la tête, pour apprécier la hauteur des immeubles, le ciel, l’étendue plus vaste de mon univers, parce que j’ai grandi en regardant par terre. Je vais d’un endroit où les amis aimés font une si jolie cérémonie et où j’ai ressenti cette profonde gratitude d’être là parmi d’autres, heureuse pour eux, puis je continue mon chemin, et je me dis que parfois il ne vaut guère la peine de regarder en arrière, le temps est trop précieux pour que je le perde, et je vais ailleurs, là où ma famille est désormais et curieusement plus présente, et moi qui tente des blagues, comme les choses peuvent changer..

Je vais d’un endroit où l’on me nourrit à un autre où l’on fait de même et again et again. Mon entourage aime me nourrir, et je finis par baisser les yeux sur ma balance qui me signifie inexorablement que si, si, elle est de plus en plus positive, ce qui devrait être une bonne nouvelle, balance non maussade, non ? Hum, hum.

Je lève les yeux, et paradoxalement je baisse plus souvent les yeux en ce moment, parce que je me suis (enfin !) remise à lire, mais surtout à apprécier de m’y être remise. Je suis passée si longtemps à côté Des Fleurs pour Algernon. Je suis passée si longtemps, mais moins, à côté de Ru de Kim Thuy, dont certains passages m’ont tellement parlé, comme ces histoires de cols roulés donnés par la France / le Canada aux arrivants vietnamiens si peu habitués à ces contrées froides : me sont revenues des images de ma famille devant le Sacré-Coeur à Paris, en cols roulés, ayant l’air si frigorifiés. Et tant d’autres passages. Ce livre m’a fait du bien. Il faut croire que même sans le faire exprès mes lectures du moment m’amènent vers des histoires de famille, puisque j’ai enchaîné avec le connu mais toujours autant passé à côté jusqu’il y a peu Un Secret de Philippe Grimbert, qui m’aura tout aussi émue. Des histoires de transformation, de compréhension d’évènements passés, qui sait, peut-être que ça me parle en ce moment ?

Et d’endroits où l’on fait de la musique en préparation à d’autres où je me retrouve à chanter sans trop réfléchir, de cours de coréen où je tente de surnager parce que ça y est, on est partis en mer haute, j’aurais pu aussi passer à côté de ce film qui est sorti depuis quinze jours déjà, visiblement dans l’indifférence générale.

Attila Marcel.

Et pourtant. Je ne m’attendais à rien, j’ai été surprise, en bien. Tout est doux, à la fois mélancolique et joyeux, vignettes colorées, chansons qui donnent envie de chanter avec les personnages, et ces yeux humides, surpris, naïfs, tristes. Et c’est drôle, aussi ! Si vous tombez dessus en allant près d’un cinéma, allez voir, vraiment, mais vite, vite…

Avec entre autres les charmants et formidables Guillaume Gouix et Anne Le Ny, par le réalisateur des Triplettes de Belleville, dont je ne suis pourtant pas fan.

Et joyeux mardi !

4 thoughts on “J’allais, je vais.

  1. 12 novembre, 2013 at 7 h 45 min

    Oh, quelle chance, j’ai envie de voir « Attila Marcel » depuis que j’ai vu sa bande-annonce, mais il ne semble passer nulle part. J’ai vérifié, il est programmé dans 4 cinéma seulement dans toute la Belgique, le plus proche étant à une heure de route (sans embouteillages) et n’est pas dans mes cinémas français. Enfin, pas encore, je croise les doigts pour qu’il y soit à un moment ou à l’autre…
    Pourtant, je n’ai toujours pas envie de voir « Les triplettes de Belleville ». Mais « L’illusioniste » était superbe.

    1. littlesa
      12 novembre, 2013 at 13 h 11 min

      @Cachou : Il semble bien que la distribution n’est pas à la hauteur de la qualité du film, même en France ! J’espère que tu auras l’occasion de le voir, ça vaut vraiment la peine… Et là tu viens de me donner envie de voir l’Illusionniste !

  2. 12 novembre, 2013 at 11 h 45 min

    Ca fait du bien les moments comme ça, où tout semble évident : l’amour entre deux amis, le fait d’être là avec eux, des lectures qui semblent faire écho à ses propres expériences (ça m’arrive parfois de choisir un livre par hasard et qu’il me donne un éclairage sur ce que j’étais en train de vivre au meme moment) et des films qui donnent le sourire (j’ai envie d’aller le voir mnt!)

  3. littlesa
    12 novembre, 2013 at 13 h 13 min

    @Toute Petite : J’espère que tu iras le voir, il ne passe presque plus nulle part il me semble… J’y suis allée au hasard, comme quoi, oui, le hasard fait bien les choses, y compris dans nos lectures.

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