Try again, smile again (tasa).

Je suis rentrée. Je suis rentrée. Je suis rentrée…

Ces mots, en arrivant à l’aéroport, encore une fois.

Ce voyage là était étrange, mentalement épuisant, coloré, bruyant, étonnant… triste et joyeux à la fois, à la fin.

(Au fait, tu étais où ?)

En Corée du sud, enfin, finalement, après tout ce temps à approcher ce pays par le côté, les côtés, des angles qui n’en finissaient pas, et à repousser, comme si j’avais peur d’y aller pour de bon, de m’y confronter. Bientôt deux semaines après être revenue, je me dis que je n’en ai pas assez vu, loin de là. Une bonne chose, cela signifie donc que j’aimerais y retourner.

Mine de rien (et presque minée), cela faisait bien un an et demi que je n’étais pas partie comme ça, ailleurs, pour me confronter à d’autres choses. J’en oubliais, à force, ce dont j’étais capable. Parce qu’en fin de compte, je réalise plus que jamais que ces voyages me servent (entre autres) à ça : repartir ici d’un autre pied, d’une autre impulsion, me souvenir de tout ce dont je suis capable et que j’enfouis lentement par peur de moi-même petit à petit. Depuis que je suis rentrée, j’ai réappris à ouvrir un livre et à l’apprécier (oui, j’en étais arrivée là), à me dire que, peut-être, voire sûrement, je sais me servir d’un ou deux voire plus de feutres colorés ou de crayons à papier de diverses tailles, et à rouvrir un ordinateur pour autre chose qu’y perdre du temps. Il me fallait quoi, finalement ?

– Des marches interminables, des murailles, des escaliers à n’en plus finir (parfait pays pour rester en forme)
– Des gens curieux de vous, n’hésitant pas à venir vous poser des questions de but en blanc, à venir vous aider même quand vous n’en avez pas besoin, aboutissant à des tas de situations parfois cocasses (oui, j’avais envie de caser le mot cocasse)
– Un concert, un de plus parmi d’autres, mais qui m’a rendue un peu euphorique, comme il ne m’était pas arrivée depuis longtemps, étrangement
– Un état d’esprit entre rigidité et grand n’importe quoi, comme si avoir ce voisin nordique un peu fou vous rendait philosophe mais pas tant que ça, et l’envie de débattre sans fin
– Et moi, deux nuits d’insomnie, avec plein de « et si, et si… », parce qu’il ne fallait pas grand chose finalement (24h, un peu de flemme) pour se retrouver sur ce ferry coulé qui n’en finit pas d’accumuler les horreurs
– Et un pays en deuil, mais résolu à vivre de l’avant malgré tout, tête baissée, peut-être.

Il me fallait quoi ? Souvent, ces derniers mois, je me sentais de plus en plus isolée en moi-même, perdu le mode d’emploi pour ressentir, apprécier. J’ai été malade, beaucoup, très. Epuisée. Et pourtant une colère rentrée (ou pas tant que ça) contre ceux ou celles que j’appelais « ami ». J’ignore si j’en suis vraiment sortie, de tout ça, mais j’ai la curieuse sensation d’être à nouveau éveillée, après des mois d’hibernation.

Je suis rentrée.
Je suis rentrée.

Je suis peut-être revenue, qui sait.

2 thoughts on “Try again, smile again (tasa).

  1. 3 mai, 2014 at 14 h 52 min

    J’aime bien ce billet ;)

    1. littlesa
      3 mai, 2014 at 22 h 25 min

      Merci Clyne :)

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