How to grow fresh air

Le matin, je me réveille entre 8h30 et 9h.

Longtemps (pendant un an, l’année dernière), mon système immunitaire et hormonal en vrac faisait qu’il m’était impossible de m’endormir avant… 6 ou 7h du matin au mieux, pour quelques heures de difficile repos. Autant vous dire que pour avoir une vie normale et un repos suffisant, c’était loin d’être idéal.

Le matin, donc, je me réveille entre 8h30 et 9h, et en ce moment la lumière est souvent très belle, douce, une lumière d’une de ces journées jolies de printemps qui arrive.

Longtemps, la maladie a fait que je me réveillais dans l’obscurité, y compris pendant tout l’été dernier, car à la fois mes yeux ne supportaient plus la lumière (j’étais devenue photosensible), et je ne supportais également plus de voir dans quel état j’étais physiquement – oui, j’en étais arrivée là. Niveau dépression, quand on vit dans l’obscurité en quasi permanence, ça se pose là aussi.

Et quand je me réveille le matin, tôt, dans cette luminosité que j’ai désormais appris à apprécier d’autant plus, mes yeux tombent généralement sur les plantes qui sont dans la chambre.

(Voilà, nous arrivons enfin au sujet de ce post !) (ha !)

Cela ne fait que quelques années que j’aime les plantes, alors que j’ai grandi avec une tante qui les accumulait et s’en occupait énormément. Mais il faut visiblement apprendre petit à petit à les apprécier.

Je crois que ça ne m’intéressait non seulement pas, mais qu’étrangement, ça me faisait un peu peur aussi. C’était vivant, des insectes pouvaient se balader partout dedans, bref, ça me dégoûtait un peu. Ma mère râlait constamment de devoir les arroser (aux dernières nouvelles, c’est toujours le cas), bref, rien ne m’attirait là dedans. Sans compter qu’en primaire, j’avais réussi à tuer deux pommiers qu’on m’avait donnés en classe et dont je devais m’occuper (je n’ai su que bien plus tard, récemment en fait, que les pommiers de ce type sont tout bêtement difficiles à garder en vie. Mais quelle idée, franchement, hein ?) et que cela m’avait persuadée de ne pas être douée avec les plantes en général.

Rajoutez à tout cela le fait qu’avec les années qui passaient j’étais de plus en plus allergique à la nature en général : la personne qui ne pouvait plus sortir dehors dès le début du printemps car yeux rouges larmoyants et nez qui coule et gorge qui pique, c’était moi, quasi impossible d’aller dans les parcs et forêts… mais comment aurais-je pu savoir que mon traitement à la cortisone ne faisait qu’empirer mes symptômes d’année en année ? Les médecins commençaient déjà à me parler de prendre des antihistaminiques de plus en plus forts, ou de les prendre de façon continue 6 mois par an. Belle perspective. Passons.

J’avais quand même deux ou trois plantes chez moi. En fait, c’est notre ami suédois, « Aiki » (bon, ok, Ikea pour ne pas le citer) qui m’y a curieusement incitée. Je suis certaine de ne pas être la seule à m’être dit un jour, après plusieurs achats de meubles pas chers divers et variés, que, tiens, elles ne sont pas chères ces plantes vers la fin du parcours, c’est mignon, c’est petit, ça ne prend pas de place, quelques euros de plus ne changeront pas grand chose. Et voilà comment on se retrouve avec son premier petit ficus, truc quasi increvable ou presque, qui grandit tranquillement dans son coin pour peu qu’on pense de temps en temps à l’arroser. Les années passent, on demande quand même conseil autour de soi, on apprend à rempoter une plante -bon, ça, ça va, il s’agit juste de transvaser d’un pot à un autre en rajoutant de la « nouvelle » terre, sans oublier de bien arroser, et hop, on se retrouve avec un mini arbuste en quelques années. Du coup, au moins, je me disais que j’arrivais à garder une plante en vie voire deux puisque, emportée par l’enthousiasme de ce relatif succès, j’achetais… exactement la même (ha). Et puis un dracaena parce que, ooh, folie ! Bref.

Arrive mon sevrage de cortisone, des longs mois donc à contempler mon plafond ou tout du moins mon intérieur et mes quatre murs. Forcément, j’essaie quand même de m’occuper. Une de mes tantes, celle là même dont je parlais au début, me donne quelques plantes car elle en a trop (réellement, elle a la main tellement verte que ses plantes grandissent et se multiplient à une vitesse fascinante), et j’apprends doucement à m’en occuper. Leur arrosage fait partie de mes tâches amoindries, je commence à en avoir pas mal sur le palier, j’apprécie leur présence.

Durant cette réclusion forcée, en cherchant quels types de plantes iraient à tels endroits de l’appartement selon la lumière etc, je suis tombée je ne sais comment sur la conférence TED « How To Grow Fresh Air« . Via cette très courte mais instructive conférence, j’appris que l’indien Kamal Meattle, dont les médecins prévoyaient une issue quasi fatale à son allergie à l’air de New Delhi qui avait diminué la capacité de ses poumons (« Some 17 years ago, I became allergic to Delhi’s air. My doctors told me that my lung capacity had gone down to 70 percent, and it was killing me. » / « Il y a 17 ans environ, je suis devenue allergique à l’air de Delhi. Les docteurs m’ont dit que la capacité respiratoire de mes poumons était descendue de 70%, et c’était en train de me tuer.’avait réussi à aller mieux en installant une bonne quantité de plantes spécifiques chez lui. L’idée générale partait des études de la NASA, qui cherchait comment nettoyer naturellement l’air des stations spatiales et en était venue à publier une liste de plantes « dépolluantes » (en anglais, article wikipedia), qui non seulement convertissait certes le CO2 en oxygène, mais parvenaient également à éliminer certains agents toxiques présents en intérieur (il est cependant malheureux qu’il n’y ait pas eu d’autres études à ce sujet depuis, que ce soit dans un sens ou dans l’autre).

Kamal Meattle en avait conclu qu’il suffisait en fait de posséder essentiellement 3 plantes : l’Aréca (qu’on trouve à… Ikea entre autres, si si, je suis certaine que ça vous parlera quand vous aurez un peu cherché), le Pothos et la « Langue de Belle-mère » (… celui qui l’a surnommée comme cela avait visiblement un problème avec quelqu’un), ou Sanseviera.

Les Sanseviera sont ainsi particulièrement efficaces dans une chambre puisqu’elles à l’inverse d’autres plantes, elles dégagent de l’oxygène au lieu de CO2 la… nuit, eh oui. Faciles d’entretien (elles demandent très peu d’eau voire doivent rester plutôt au sec), il ne m’a pas fallu très longtemps (un mois si j’ai bonne mémoire) pour passer d’une à trois langues de belle-mère dans la chambre. J’aime les contempler au réveil : elles m’apportent une sorte d’apaisement.  

Petit à petit, entre les plantes de ma tante et celles de How to Grow Fresh Air, nous sommes arrivés à un total de plus d’une trentaine de plantes de tailles diverses dans l’appartement et sur le palier. On s’y est habitués, alors qu’on pensait ne pas avoir la place (à vrai dire, je trouve même maintenant qu’il n’y en a pas assez !). J’aime m’en occuper, preuve qu’on peut bien changer avec les années. Depuis quelques jours, nous a également pris l’envie de désherber totalement les deux petites plates bandes qu’on a en bas : j’aimerais bien réussir à y faire pousser un peu de vert, des fleurs, pourquoi pas quelques légumes. Et tout ça de mon propre gré, parce que ça me rend plutôt heureuse. Qui aurait cru, hein ?


Quelques liens :

Une langue de belle-mère chez Truffaut (je ne touche rien là dessus, je les trouve juste jolies et pas chères là bas !!)

La transcription et traduction de la conférence TED de Kamal Meattle.

24 plantes dépolluantes chez Rustica

4 thoughts on “How to grow fresh air

  1. Vanessa
    17 mars, 2017 at 16 h 20 min

    :-) ;-)

    1. littlesa
      17 mars, 2017 at 18 h 56 min

      :) :D

  2. 18 mars, 2017 at 4 h 06 min

    Genial Sabine!! :) Super intéressant ton article. Je suis persuadée que la Nature est la clef du bien être sur bien des plans. En tout cas, mon intuition et mon corps me guidaient déjà en ce sens, et ton article va m’être très utile! Merci :)

    1. littlesa
      18 mars, 2017 at 20 h 19 min

      Contente que ça serve ! :)

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